Les gestes du quotidien

Quels sont les autres gestes du quotidien qui peuvent soutenir le développement sensori-moteur de mon enfant ?

Tous les conseils déjà abordés dans la prévention de la plagiocéphalie (environnement libéré mais sécurisé, positionnements et expériences variés, portage, interaction et jeux doux) sont des habitudes qui favoriseront des expériences variées et agréables, qui aideront votre enfant à se construire ; les sensations qu’il perçoit sont essentielles à la construction de son schéma corporel et à la compréhension de son environnement. Elles seront également le support de ses réponses motrices.

Les gestes du quotidien sont ceux que l’on répète le plus auprès de notre enfant. Chacun d’eux peut parfois être traumatisant sans le vouloir, et d’autres seront au contraire plus agréables et structurants pour votre enfant.

Quand je porte bébé, que ce soit dans les bras ou dans un dispositif (écharpe, porte bébé…), j’essaie de le garder « enroulé » dans une position qui lui rappellera sa position fœtale. Cette position le rassure, l’aide à retrouver son calme, limite les reflux et lui apporte du confort. Il suffit donc de lui apporter un appui sous les fesses qui lui ramènera les jambes proches du nombril, et un appui derrière la tête pour éviter qu’elle ne parte en arrière.

Quand je change bébé, j’essaie de ne pas le tirer à la verticale par ses pieds : en prenant l’une de ses cuisses, j’essaie de soulever l’une de ses fesses (me permettant alors de nettoyer les fesses ou de glisser la couche) en l’enroulant vers l’épaule opposée. Je donne alors encore une fois une forme « enroulée » à mon bébé, et je lui montre alors le chemin pour se retourner par lui-même dans l’avenir.

    

Quand je prends bébé, je positionne une main sur son ventre et j’essaie de le faire se retourner sur cette même main. J’évite alors de le tirer directement sous les bras, ce qui aura pour effet de mettre en tension son cou vers l’arrière. Il garde là aussi une forme « enroulée » sécurisante.

    

Quand je baigne bébé, je peux parfois lui donner un bain libre : en coulant un fond d’eau dans la baignoire (jusqu’aux oreilles de bébé), je peux le laisser libre de ses mouvements et profiter librement de l’eau qui coule sur son corps. Son corps ne sera donc pas entièrement recouvert d’eau. Je reste toutefois à sa proximité immédiate, et je ne sors pas de la pièce si mon bébé est encore dans son bain.

Quels sont les comportements à éviter ?

Libérez les bébés, c’est encourager la motricité de votre enfant dès ses premières semaines. C’est aussi se baser sur les principes de la motricité libre en les adaptant au plus petit, dans une optique de prévention de la plagiocéphalie et d’autres troubles mineurs du développement.

La motricité libre, c’est donc respecter les étapes fondamentales de son développement moteur et ne pas chercher à les court-circuiter. Ne pas chercher à asseoir seul votre enfant s’il n’est pas capable de s’y installer, ne pas chercher à le mettre debout s’il n’est pas capable de s’y dresser…

Détachez-vous des âges clés décrits dans les magazines, qui sont anxiogènes pour les parents et qui ne sont pourtant pas les seuls indicateurs d’un bon développement. N’hésitez pas à demander conseil aux professionnels qui vous entourent si vous aviez des questions relatives à son évolution.

Je respecte l’évolution de l’enfant, et je l’incite à progresser au sol avant de rechercher la verticalité (assis, debout, marche …) : ces expériences au sol lui permettent d’utiliser tous les muscles de son corps, d’en étirer d’autres, de découvrir par lui-même son environnement (ce qu’il fait seul, il le retiendra d’autant plus), d’apprendre à se protéger des chutes par des réactions adaptées, de prendre confiance en lui et ses capacités… Les bénéfices sont donc multiples pour votre enfant et ne nécessite aucun autre investissement matériel qu’un simple tapis de sol.

De la Naissance aux Premiers Pas - Michèle Forestier

En conclusion :

Libérez les bébés, ça ne veut pas dire abandonner bébé. Respecter son évolution, c’est l’accompagner dans ses découvertes par le jeu et l’interaction, en lui proposant un environnement sécurisé et adapté à son âge et ses capacités. S’il peut apprendre seul, il a néanmoins besoin de vous pour reconnaître ses progrès et pour l’aider à préparer les prochains.

 

Pour aller plus loin :

"Libérez les bébés, ou comment prévenir la plagiocéphalie"

"Mon bébé n’aime pas le plat ventre"

 

Et en attendant les prochaines recommandations de la HAS, quelques références :

Liens :

http://naitre-et-vivre.org/naitre-et-vivre-acteur-prevention-min/

http://www.pediatre-online.fr/nouveau-ne/desinformation-concernant-plagiocephalie-tete-plate-nourrisson-rappel-vraies-recommandations/

https://michele-forestier.fr

https://bougribouillons.fr/motricite-libre/

Livres :

Michèle Forestier, De la naissance aux premiers pas (2018)

Les livres de la collection 1001bb, éditions Eres